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Une mutation de Covid-19 Sars-CoV-2 chez les visons en Danemark. Ces animaux sont élevés pour leur fourrure. Il est à noter que ces animaux ont transmis le virus vers 12 humains d’où la décision d’abattre leur totalité.

Abattage pour des raisons sanitaires

Danemark va donc abattre très prochainement la totalité de ses visons en élevage, soit 15 à 17 millions d’animaux. Annonce faite le 4 novembre dernier. On compte aujourd’hui 5 élevages à avoir été contaminés par le virus en mutation.

La première ministre Mette Frederiksen a fait une annonce officielle, et a tenu à mettre en place des restrictions pour le nord-ouest du pays. Les 280 000 habitants de la région « sont vivement sommés de rester dans leur propre commune pour empêcher la propagation de l’infection ».

La plateforme d’Epidémiosurveillance de Santé Animale ou l’ESA a aussi tenu souligner que les élevages de vison : « Ont été détectés positifs au Sars-CoV-2 aux Pays-Bas depuis fin avril 2020. Puis au Danemark mi-juin, en Espagne en début juillet et aux États unis en août », « par mesure de précaution et afin d’éviter toute mutation du virus SarS-CoV-2, les autorités néerlandaises, danoises, puis Espagne ont décidé d’abattre l’ensemble des visons des élevages concernés ». 

Les Pays-Bas ont déjà commencé par abattre plusieurs dizaines de milliers de visons durant l’été. Les éleveurs de visons ont eu droit à une promesse de compensation de la part des gouvernements.

En quoi l’abattage des visons est-il nécessaire par rapport au virus Sars-CoV-2 ?

Les autorités sanitaires danoises sont inquiètes parce que les traçages effectués sur l’origine de la contamination montrent une provenance d’origine animale avec les 783 cas humains infectés du virus actuellement. En Jutland, on a pu identifier une ferme d’élevage comme étant le point d’origine de la contamination. Les responsables de contrôle des maladies infectieuses ont pu détecter 12 cas humains infectés par le virus en mutation.

 Les animaux sauvages en captivité font l’objet d’études scientifiques pour savoir le rôle joué par ces animaux dans la propagation épidémiologique du virus.

« Dans quelques cas, les visons infectés par des humains ont transmis le virus à d’autres personnes ». Ce sont là les dires de l’Organisation mondiale de la santé ou l’OMS. Cette dernière a partagé cela à l’AFP : «  ce sont les premiers cas rapportés de transmission de l’animal à l’homme ». Ce qui a été soutenu par l’autorité de Danemark de contrôle de maladies infectieuses : «  le pire des scénarios est d’avoir une pandémie qui repart d’ici, au Danemark ».

Quelle est la différence entre le virus porté par les visons à celui porté par l’homme ?

Celui porté des visons a une légère différence avec celui porté par l’homme. Ces dires se basent sur certaines souches déjà étudiées et connues. Samira Fafi-Kremer de l’Université de Strasbourg passe par franceinfo : «  Changement ponctuel au niveau de son génome », «  plus de 13 000 de ces changements s’observent aujourd’hui dans les 100 000 SarS-CoV-2 séquencés à ce jour ».

Le ministre de la Santé Magnus Heunicke partage les émois sur cette nouvelle version de Covid-19 : « Le virus muté via les visons peut créer le risque que le futur vaccin ne fonctionne pas comme il se doit ». Côté anticorps, le virus n’offrent pas les attentes estompées, en effet, il : « ne réagit pas autant aux anticorps que le virus normal. Les anticorps ont toujours un effet, mais pas aussi efficace ».

Une mutation susceptible de rendre inefficace le vaccin

Le travail des chercheurs pour trouver le vaccin contre le Covid-19, se base sur les souches connues et les anticorps qui seront susceptibles de neutraliser le virus. Si l’une des deux bases est compromise par la nouvelle version de virus, tout le travail effectué sera perdu. Le ministre de la Santé a parlé : «  les chercheurs ont montré que les mutations pouvaient affecter les actuels candidats pour le vaccin contre le Covid-19 ». Un minimum de changement de ce dernier peut tout compromettre : « Une menace pour le développement de vaccin contre le coronavirus ». Une thèse que François Ballaux (professeur à l’University College de Londres) qui est aussi un spécialiste de l’évolution des pathogènes a jugé « exagérée ». « Il y a des milliers des  mutations du SarS-CoV-2 qui apparaissent constamment. Le fait que quelques-unes aient été observées chez les visons ne changera pas les souches en circulation chez l’homme. Si elles favorisaient la transmission du virus vers l’homme » (Twitter).

Y a-t-il d’autres animaux qui pourraient transmettre le virus ?

Arjan Stegeman, de l’Université d’Utrecht, a stipulé dans une interview : «  les animaux jouent un rôle mineur dans la pandémie, mais il est important de les étudier, car ils pourraient potentiellement être un réservoir de virus ». Concernant la vison en particulier, le professeur qui a étudié de près la mutation trouve que cela n’a rien d’étonnant : « Le vison peut contracter la plupart des infections respiratoires qui touchent l’homme, et donc les transmettre également ». Et cela est favorisé par son environnement d’élevage. L’OMS a fait une précision sur la question : « À ce jour, les résultats d’études expérimentales sur les infections suggèrent que les volailles et les porcs ne sont pas sensibles à l’infection par le SarS-CoV-2 ».