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La réforme de l’éducation prioritaire lancée par le ministère de l’Éducation aurait pour objectif de scolariser les 70 % d’enfants pauvres. Ces enfants ne sont pas scolarisés dans les établissements REP.

L’annonce est faite par le ministère de l’Éducation nationale. Une expérimentation à ce sujet sera donc exercée en septembre 2021. Nantes, Lille et Aix-Marseille seront les villes pilotes de l’éducation prioritaire.

Une collaboration par « contrats locaux d’accompagnement » sera signée avec des établissements scolaires. REP et REP+ resteront fonctionnels parallèlement à cela. Le projet tâchera d’offrir plus de souplesse dans l’allocation des moyens, des pratiques déjà essayées antérieurement.

C’est une politique qui cache la réalité, vu que la véritable réforme ne pourra être mise en place qu’en 2023, puisque le projet pilote aura 3 années d’essai. Tout cela reste conditionné par le deuxième mandat du président actuel Emmanuel Macron. Le sujet est remis à table par l’actuel gouvernement pour ne pas se heurter aux conséquences d’une réforme hyper délicate.  Parce que cela implique des rentrées, mais aussi des sorties d’établissements des réseaux d’éducation prioritaire.

Le projet se base sur la logique des zones territoriales.  Une fois qu’une école entre dans l’Éducation prioritaire, il est laborieux de l’en faire émerger de là, c’est un cas constaté dans les années qui ont passé. Et cela même si la situation de l’enfant se voit améliorée. A noter que les professeurs reçoivent de primes conséquentes, mais aussi de modalités de travail refaites grâce aux classes allégées. Sophie Vénétitay du Snes, principal syndicat du secondaire manifeste ses émois par rapport aux dernières sorties de REP en 2014 : « Sans parler du mécontentement des élus locaux ». Colères et manifestations ont marqué ces sorties.

La réforme annoncée permet tout de même de circonscrire l’éventuelle réforme. Les objectifs à atteindre varieront en fonction de chaque établissement, comme les dispositifs particuliers, réduction ou dédoublement d’effectifs, décharge horaire ou encore accompagnement éducatif. Le corps enseignant qui se trouve dans une localité éloignée peut par exemple profiter d’une valorisation de carrière ou d’un bonus à la mobilité. L’objectif du ministère étant d’atteindre ses régions isolées des REP et REP+. On tient à rappeler que : «Quelque 70 % des enfants pauvres sont en dehors de l’éducation prioritaire, notamment dans les territoires ruraux », « par ailleurs, si une usine ferme dans un territoire et que 20 % de la population bascule dans le chômage, on ne peut pas facilement faire basculer les écoles en REP ».

« Un changement de philosophie »

Les critiques du projet ont été nombreuses, Marc Douaire, le président de l’Observatoire des zones prioritaires (OZP) a affirmé : « Un changement de philosophie », « Vouloir sortir d’une carte de l’éducation prioritaire constitue une rupture profonde », pour lui, si au début : « cette politique de lutte contre les inégalités ciblait non pas les établissements scolaires, mais des territoires ». Il pense qu’il y a un risque à courir, des mesures de « priorisation en faveur des ghettos urbains au profit des territoires ruraux et de l’enseignement privé », pourrait être effacé. Sophie Vénétitay pense que cela peut engendrer la perte de stabilité pour le corps enseignant.