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Anne Hidalgo demande aux Verts d’apporter des points plus clairs sur le rapport à la République. La maire de Paris risque de fracasser l’unité pour la présidence, mais aussi sa majorité.

Les verts sont-ils en train de mettre un pont entre eux et la majorité de Paris ? David Belliard l’adjoint EELV va-t-il rendre sa délégation ? Responsable des transports auprès de la maire de Paris, il a répondu sur la question comme suit : « C’est à Anne Hidalgo de clarifier sa position et ses affirmations, qui sont très graves. Si elle pense que nous ne sommes pas dans l’arc républicain et que nous avons des accointances avec le terrorisme, il faut qu’elle nous demande de partir ».

David Belliard a affirmé qu’il n’a nullement l’intention de quitter la majorité. N’empêche que depuis samedi, les tensions sont palpables entre la maire de Paris et ses associés EELV. Anne Hidalgo a mis en cause ses alliés écolos pendant son entretien avec BFT TV. Les élus Verts devront clarifier leur « rapport à la République ». Une position prose comme une attaque et qui a été très mal prise par les élus verts, mais également par d’autres partis.

Là où tout a commencé

C’est le mardi 17 novembre que tout a commencé. Rémi Féraud a présenté au Conseil de Paris, au nom des socialistes un souhait présentant d’octroyer un nom à un lieu parisien comme : « Samuel Paty », le professeur d’histoire et de géographie décapité par un islamiste le 16 octobre à Conflans-Sainte-Honorine. Cet engagement a été considéré comme non conforme à la délibération du Conseil datant de 1938 par Fatoumata Koné. La délibération du Conseil de 1938 stipule que l’attribution d’un nom de rue ou monument ne peut se faire que cinq ans après la mort de la personne.

L’élu écolo a déclaré par la suite : « Il me semble que la raison de ce règlement était d’éviter que nous réagissions à chaud et que nous prenions le temps de quelques années pour éviter justement d’avoir des vœux de ce type-là… Forcément, avoir un lieu, une place, au nom de Samuel Paty, nous sommes tous d’accord, et c’est un point important. Par contre, je tiens à rappeler que nous regrettons que ce règlement à chaque Conseil ne soit pas respecté ».

La maire socialiste agacée par le règlement

Ce rappel au règlement n’est pas passé inaperçu à la Maire de Paris. Anne Hidalgo a dit : « Je regrette votre position ». Elle a, par la suite, fait comprendre ses émois sur : « un problème de règlement intérieur qui n’en est pas un en réalité, puisque c’est une règle non écrite, que nous avons eu l’habitude ici de dépasser souvent dans le consensus, ne (leur) permette pas de (se) retrouver face à un évènement aussi majeur que la décapitation d’un professeur dans le cadre d’un attentat terroriste islamiste. Mais chacun prend ses responsabilités ».

Un bug (trouble) technique qui a suivi a empêché 20 élus avec plusieurs écolos de voter et les pointe du doigt comme des abstentionnistes, un trouble survenu lors d’un vote électronique, juste le temps qu’il faut pour que le problème prenne de l’ampleur, sur les réseaux sociaux d’abord ensuite sur les télévisions. Quand la maire fut interrogée par BFM TV, Anne Hidalgo n’a pas démenti la question sur l’abstentionnisme, mais elle a rajouté quelques propos qui rajoutaient de l’huile sur le feu : « c’est choquant, on devrait être unanimes là-dessus et on ne l’a pas été ». Elle a continué par dire : « Il faut pousser une partie de la gauche et des écologistes à sortir de leur ambigüité ».

 

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David Belliard voit rouge

Depuis lors, David Belliard montre sa colère, il a d’ailleurs affirmé ceci : « Je suis étonné et je ne comprends pas cette sortie ». Depuis, David Belliard a été contacté par Emmanuel Grégoire, le premier adjoint de La Maire de la capitale. Il a remarqué : « Jouer la division avec un membre important de la gauche était du meilleur acabit ». Ainsi il se pose quand même certaines questions sur l’avenir en général et la course présidentielle entre autres.

Ce qui fait que le petit « incident » a pris, vite fait, une tournure nationale. Chez les écolos, Éric Piolle, le maire de Grenoble a évoqué : « une sortie de route (…) Il n’y a pas de place pour les insinuations, qui sont en plus basées sur une (fake news) ».